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Happy birthday to me !

Ma succulente LuLuce,

Hier, c’était mon anniversaire ! Un an de plus au compteur, eh oui ! Cet anniversaire fut, pour moi, un peu spécial, car c’est le premier depuis que je suis amoureux de toi. Autant dire que mon vœu le plus cher aurait été que nous le vivions ensemble.

Nous aurions pu, par exemple, commencer par une coupe de champagne au bar du Raphaël – le bar préféré de Gainsbourg –, confortablement installés dans un de ces profonds fauteuils anglais qui font le charme de cet écrin sombre et feutré.

Le bar anglais de l'hôtel Raphaël, où Gainsbourg avait ses habitudes.

Nous aurions pu, ensuite, dîner au George V, dont la table passe pour l’une des meilleures de Paris. Le cœur de saumon mariné aux condiments, pomelos et pousses de daikon y est, dit-on, absolument divin. Et que dire du dessert ? Un croustillant au gianduja glacé ! Hm !

Le restaurant du George V, la meilleure guinguette de Paris !

Enfin, nous aurions pu terminer la soirée sur les sofas de velours du Ritz, y savourer un cocktail, nous enlacer sur le dance-floor, puis pousser le verrou d’une suite intime où, enivrés d’amour et de fête, nous aurions prolongé la nuit au rythme des soupirs, des caresses et des baisers...

La suite impériale du Ritz, idéale pour abriter nos amours.

Bien entendu, c’est toi qui aurais réglé l’addition. Ce n’est pas que je ne suis pas galant, mais c’était mon anniversaire, quand même ! Las, cette soirée n’est qu’un rêve, nous ne l’avons pas vécue. Mais nul regret ne vient assombrir ma joie ! Oui, ma joie, car j’ai passé une belle journée d’anniversaire, hier. J’ai eu la chance de me voir offrir un magnifique petit gâteau, confectionné par la talentueuse Jenny Christine-Vincent.

Je t'aime tant, Luce, que je t'ai mangée en trois bouchées !

Un petit gâteau tout rond, à ton effigie, et que j’ai avalé tout cru ! Ma joie, aussi, car j’ai reçu un message de toi, me souhaitant un bon anniversaire. Et ça, cela vaut tous les palaces du monde.

À toi, amoureusement.

La plus belle pour aller...

Ma Luce adorée d'amour que je kiffe grave,

Encore un prime haletant ! Hier soir, tu le penses bien, j’étais devant ma télévision pour t’admirer et t’écouter. Comme chaque semaine. Le temps passe si vite ! Plus que deux Baltard, si tout va bien, et tu finiras, hélas, par t’évanouir de mes mercredis soir. Cela m’angoisse, car je ne sais pas si je pourrai continuer à vivre sans te voir.

Il devient urgent, oh ma Luce, que tu considères sérieusement ma demande en mariage. Je commence, par divers moyens, à bien te connaître, et je sais que je suis fait pour toi, comme toi tu es faite pour moi. Oui, Luce, je le redis avec force : je ne suis pas un simple fan. Je ne suis pas quelqu’un qui se contente de t’admirer, comme le vulgum pecus levant béatement le regard vers les étoiles.

Je veux cependant te dire deux ou trois choses sur le prime d'hier. D’abord, j’ai remarqué – et cela m’a rendu tout guilleret ! – que tu as porté ce joli badge à message lumineux qui fut l’un de tes premiers bijoux à la Nouvelle Star. Et non seulement tu l’as porté, mais tu y avais programmé un message défilant. Seulement, malgré toute mon attention, je n’ai pas réussi à le lire. Question de cadrage, toujours trop large ou trop rapide.

Mais où diable as-tu acheté ce badge, Luce ?

J’ai été pris d’un fol espoir. Et si ce message m’étais destiné, à moi, ton Hector ? S’il s’était agi d’un signe, d’une allusion, d’un clin d’œil à mon attention ? Oui, je sais, je suis fou ! Comprends-moi, Luce. L’amour que je te porte, et que je ne peux, hélas, encore satisfaire pleinement, me pousse, peut-être, à la déraison, ou pour le moins à des extrémités un brin excessives.

C’est que j’ai souffert, hier soir, je l’avoue. Oui, j’ai souffert, à un moment très précis, lorsque j’ai vu Ramon – oui, Ramon, cet hidalgo sans moustache ! – te lécher le cou à grands coups de langue râpeuse et baveuse. Ramon, le tombeur de ces demoiselles, doit-il conquérir toutes les femmes qui l’entourent, au point de te ravir à moi ? Non, je ne peux y croire, la chose serait trop cruelle. Et pourtant. Je les vois encore, ces grandes léchouilles balancées sans pudeur ni amour sur ta nuque si douce, si délicate, si fragile.

Mes moustaches se sont dressées de jalousie.

J’ai éprouvé, subitement, une forme acerbe et douloureuse de jalousie. Non pas parce que j’aurais voulu en faire autant : le geste de Ramon n’était que concupiscence, vulgarité et cannibalisme. Le jour où je te ferai goûter la saveur de ma langue, Luce, ce sera à pleine bouche ! Et avec une harmonie d’amour, de désir, de délicatesse et d’érotisme qui sera bien plus divine que cet acte bestial et égoïste de Ramon. J’ai ressenti de la jalousie parce que j’ai réalisé, soudain, que ton corps m’est (encore) inaccessible. « Tout ce que la main de l’homme ne peut atteindre n’est que vaine poésie », disait un philosophe. Il avait bien raison. J’ai été piqué par la jalousie, aussi, parce que tu semblais accepter, avec nonchalance sinon bienveillance, les attouchements obscènes de ce saligaud de Ramon. Pourquoi ? Ô douleur !

Autant dire que j’ai rêvé, et la désillusion n’en est que plus cruelle. Non, ce message défilant sur ton badge ne m’était pas destiné. Mais quel était-il ? Était-il adressé à quelqu’un d’autre ? À Benjamin, par exemple, dont le départ t’a tant déchirée, la semaine dernière ? Sans doute, maintenant que j’y réfléchis, s’agissait-il d’un extrait des paroles de la chanson que tu as interprétée. Je serai la plus belle pour aller danser.

Toujours la plus belle, en toute circonstance.

Or tu fus bien la plus belle, Luce. La plus belle pour aller danser, mais pas que. Quelle poésie ! Comment as-tu fait pour insuffler autant de grâce, de surprise et de poésie dans cette ringardise yéyé – j’aime pas les yéyés – nunuche comme c’est pas possible à l’origine ? Il y avait du drame dans Gigi, la semaine dernière – d’où « le goût du sang » évoqué par Philippe Manœuvre –, et donc bien plus de difficulté à faire quelque chose de potable de cette niaiserie de Sylvie Vartan. Eh bien, non seulement ce fut bon, mais ce fut même délicieux, troublant, fort, et plein de subtilité.

Tu était la plus belle. La plus tendre. La plus rêveuse, dans ton chant de soie et de dentelles, tu as su apaiser mon souffle et mes cris, tu as mis tant d’amour dans mon cœur ! Tu étais la plus belle, comme un premier baiser, tu étais la plus belle, pour aller danser, tu étais la plus belle, pour aller chanter, tu étais la plus belle, pour aller…

Et ce soir, Luce, quelque chose me dit que tu seras la plus belle pour aller... fumer ?

À toi, amoureusement.

Luce, dream a little dream of me

Ô ma douce Luce,

Je viens d’apprendre que tu vas chanter, ce soir, Dream a Little Dream of Me. Comme je le disais tout à l’heure, j’adore les bons vieux standards du jazz des années 1930. Or, cette délicieuse chanson, qui est née en 1931, est l’une des mélodies plus douces et romantiques au monde. Je l'apprécie au plus haut point.



Je devine bien sûr le message que tu m’adresses, à moi, ton Hector. Tu m’encourages à continuer à rêver de toi, tu prends acte de mon amour pour toi, et, non sans espièglerie, ce qui n'est pas pour me déplaire, tu te hisses sur un podium de star (de nouvelle star !), et me condamnes à te contempler briller, tel un humble mortel qui a le droit d’admirer, de rêver, mais pas (encore) de toucher du doigt le divin objet de ses doux songes.

Je rêverai donc un petit rêve de toi, Luce. Je goûterai ce bonheur simple, entier, lumineux. Je vais rêver de toi, et nul doute que tu sèmeras des étoiles dans ma tête, des étoiles qui brilleront toute la nuit, jusque dans mon sommeil. Et j’attendrai toujours le jour, Luce, où toi aussi, you’ll dream a little dream of me.

À toi, amoureusement.

Le message de Luce

Je ne m’attendais pas à ce que cela arrive aussi tôt. Il semble, Luce, que déjà tu aies connaissance de mon existence. J’ai reçu un message, signé de toi. Sous pseudonyme. Oh, bien sûr, me suis-je dit aussitôt, il s’agit peut-être d’un petit plaisantin, un farceur ! J’ai beaucoup réfléchi à cette question. Et j’ai beaucoup examiné les différents éléments pouvant me permettre d’authentifier la personne qui m’a écrit. Et je suis à peu près certain que c’est bien toi, Luce.

Ô Luce ! un message de toi ! Rien ne pouvait m’émouvoir davantage. Un message comme un fil établi, comme une main tendue ! Bon, d’accord, un message qui me dit : « Je ne donne pas ma main facilement, Hector. » Mais quand même, un message ! Mes moustaches ont frisé d’un seul coup, quand j’ai su que c’était bien toi. Elles ont frisé de bonheur, elle ont frémi, elles ont sursauté, tout excitées ! Maintenant que j’existe à tes yeux, c’est comme si je naissais une seconde fois, comme si j’existais vraiment, pleinement.

En réalité, Luce, tu la donnes parfois très facilement, ta main ! Il aura suffi que Marco Prince te demande, mercredi soir, « Luce, est-ce que tu veux m’épouser ? », pour que tu lui répondes, du tac au tac, en plein dans le micro : « Mais oui ! Mais oui ! » Bien sûr, je comprends que tu apprécies Marco Prince. Tu le connais un peu, lui, tu l'as déjà vu, c’est un beau gosse, avec ses belles casquettes et son sourire enjôleur ! En plus, je l’ai entendu dire, dans une interview, qu’il te trouve très belle. Comme je le comprends ! Mais faut que je le surveille un peu, le Marco… Quand même.

Moi, c'est pas pareil, je sais bien. J'ai l'air un peu ballot avec mes petites moustaches en noir et blanc, bien moins belles que les tiennes. Et puis mon entreprise – te séduire – ne fait que commencer. Ce sera long. Ce sera difficile. J’aurai, sans aucun doute, bien des obstacles à franchir. Bien des espoirs à entretenir, et des désespoirs à surmonter. Mais je le sais, je le sens, je le vois : un jour, tu m’ouvriras ton cœur, tu mettras ta main dans la mienne, et nous gambaderons dans les vertes prairies comme des jeunes chamois tout fous, en cueillant des fleurs de printemps et en chantant à tue-tête, avant de nous payer une bonne bouteille de bon whisky et de frotter nos moustaches !

Dans l’attente de ce jour béni des dieux, je continuerai à t’écrire, ô Luce. Avec patience, avec douceur, avec amour. Tu peux m’écrire quand tu veux. Ou pas. Ne te sens pas obligée. Je suis déjà infiniment heureux que tu me lises.

À toi, amoureusement.